Paris, je suis tien

Entre le titre et cette première ligne se sont écoulés deux cafés et trois clopes a chercher quoi écrire.

En fait la question n’est ni de savoir quoi, ni comment l’écrire, simplement de le faire. A croire que j’ai vraiment perdu l’habitude. Je me souviens qu’il y a encore quelques temps, écrire ne me posait aucun soucis. Après Le-Réverbère, j’ai essayé différents trucs. Sur des sujets qui m’intéressent, ou tout simplement continuer à écrire sur tout, et rien. J’ai jamais réussi. Même mon portfolio est à la ramasse. Alors aujourd’hui je me tourne vers Tumblr. Rien à faire, mis à part écrire. C’est assez impersonnel, certes. Mais ce qui compte n’est-il pas uniquement le contenu au fond ? Ou simplement le fait d’y arriver à nouveau. Nous verrons bien.

Me voilà donc Parisien, avec une majuscule. Parisien dans un 9m², douche, kitchenette, toilettes sur le pallier. Il est cool mon neuf mètres carrés que je paie un bras. Il est en bon état, et j’ai vue sur le Sacré Coeur. Enfin, vue sur le Sacré Coeur avec une cheminée devant. J’ai vue sur mes voisins aussi, qui sont en fait un étage en dessous. Vue plongeante donc, notamment sur la voisine en soutif alors que j’étais en mode détente, format bière-clope à ma fenêtre. Elle ferait d’ailleurs une très bonne milf. Ma sonnette est toujours au nom de Geng, et j’ai trouvé hier le local poubelles. J’ai un ballon d’eau chaude. Moi qui aime les douches d’une demie-heure je suis verni. Vraiment. Tout ça est un peu en vrac, mais fidèle à la chambre. En vrac. Parce que oui, je manque cruellement d’étagères. Mais je suis un pro en empilement de choses diverses.

Mais bref, voilà. J’aime cette ville. Il suffit d’entre-ouvrir la fenêtre pour entendre son vrombissement, ses sirènes, ses klaxons. En bas de chez moi, à même le trottoir, une pompe à essence. En face, un marché BIO. A quelques mètres, sur le pont où se situe aussi mon métro, on peut voir en contrebas des lignes de chemin de fer, et encore lire le Saint Lazare dont la peinture défraîchie et décrépie se situe difficilement entre le rouge bordeaux et le brun.

Demain, premier jour de cours. Mon amphi ? Une salle de cinéma. Une vraie salle de cinéma. Ça me rend un peu impatient. Mais en même temps, ça me stresse. J’ai pas envie de tomber sur des gros lourds qui sont là à s’enticher de tout le monde. Pas envie de tomber sur Jean-Charles, qui ne sait pas pourquoi il est là, si ce n’est que « le cinéma c’est trop cool, tu vois » [Placer ici un mouvement de tête visant à replacer une mèche de cheveux longuement préparée ce matin]. J’ai pas envie de tomber sur ces types qui trouvent tout absolument génial, et qui, de manière générale parlent beaucoup trop. J’ai pas non plus envie de tomber sur ces mêmes personnes qui ont apprises par coeur la biographie de Woody Allen pour se donner un semblant de contenance.

Mais dans le lot, il y aura forcément des gens agréables.

Puis sinon, cet été, c’est décidé, j’irais à Kiev. Ou Sarajevo.

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