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	<title>Lazzy Blog</title>
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		<title>Dans les cartons</title>
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		<pubDate>Wed, 08 Dec 2010 07:25:29 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Tante susette-sa vie-son oeuvre]]></category>

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		<description><![CDATA[« J&#8217;ai pas envie de mourir ce soir, alors bouge donc tes grosses fesses ! » Et tout le monde de rire en coeur. Les rires de grands gamins qui ont pas encore atteint l&#8217;âge de raison, ripailleurs, francs, bon &#8230; <a href="http://www.lazzy.org/2010/12/08/dans-les-cartons/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>« J&#8217;ai pas envie de mourir ce soir, alors bouge donc tes grosses fesses ! »</p>
<p>Et tout le monde de rire en coeur. Les rires de grands gamins qui ont pas encore atteint l&#8217;âge de raison, ripailleurs, francs, bon enfant. Un peu comme ceux des taverniers dans les bouquins de fantasy.</p>
<p>On est tous là, la bande de potes d&#8217;études, sur le vieux champ de guerre du Septième. L&#8217;auteur de cette petite phrase qui fait rire que les amis, c&#8217;est moi, le mec qui a la tête couchée sur les jambes de la fille de droite, celle avec les couettes.  Sur mes jambes, celui qui a le ventre à lair et le verre dessus, c&#8217;est le copain d&#8217;enfance à moitié bourré, un peu lourd et un peu chiant, mais dont on peut pas avoir honte sans avoir honte de soi.</p>
<p>Et puis les autres, ceux qui rigolent, qui philosophent, qui échangent des regards ou des blagues vaseuses quon a pas entendu depuis l&#8217;Avant-Hier, tous ceux là c&#8217;est des amis du tout Paris dont on peut pas se séparer.</p>
<p>En face de moi, c&#8217;est un mec que javais rencontré dans un taudis de l&#8217;Est, il travaillait dans une banque en ruine, à même pas seize piges. Je l&#8217;avais trouvé les yeux complètement bourrés de la lumière de son portable, en train de trier je sais plus quel merdier de paperasse pour je sais plus quel supérieur.</p>
<p>Les deux jumelles qui l&#8217;entourent, cest les soeurs White, encore des orphelines dun quartier paumé.</p>
<p>Y en a tellement, tous rassemblés là autour du feu de camp de l&#8217;ami G&#8230; Un truc que je comprendrai jamais c&#8217;est bien comment il fait pour que ses feux durent aussi longtemps, alors quil se sert encore de ce bon vieux bois de mort et de deux ou trois allumettes du Loin-hier.</p>
<p>« Meurs donc, au moins je crèverai le ventre plein. »</p>
<p>Il m&#8217;envoie une main sur les cuisses et je le repousse d&#8217;un bon coup de hanche.  Le verre va voltiger sur une robe de Hal et l&#8217;ami en question va rouler sur la dite porteuse de la robe.</p>
<p>Je rigole en voyant la grosse silhouette se prendre deux claques alors que lui commence à peine à grogner.  Et encore des criaillements, et encore des grognements, et encore mon rire qui augmente, augmente, augmente, pendant que la fille à ma tête glisse discrètement ses doigts dans mes cheveux.</p>
<p>Je lève la tête, un sourire.</p>
<p>Si le sang qui parcourt mes veines était un peu moins rouge, j&#8217;aurais peut-être fait une petite métaphore de collégien. « Tes yeux sont aussi brillants que les étoiles derrière toi », ou encore le « Si l&#8217;amour était un grain de sable, je t&#8217;offrirais le désert ». J&#8217;adore ce genre de conneries, c&#8217;est comme les blagues des magazines qu&#8217;on trouve dans les poubelles.</p>
<p>Mais cette soirée est bien belle, c&#8217;est vrai.  Ca fait six mois qu&#8217;on s&#8217;est pas vus comme ça, pendant une nuit entière, juste pour fêter la vie. Dans une putain de ville déglinguée et malade. Mais en vie, avec les étoiles en prime.</p>
<p>C&#8217;est vrai que les étoiles sont brillantes.</p>
<p>Mais pas autant que ses yeux.</p>
<p>Et trois mots suffisent pour le dire.</p>
<p>« Nuit noire. »</p>
<p>C&#8217;est fou comme deux mots peuvent plomber toutes les conversations. Même quand on les prononce en chuchotant comme un autiste. Même quand l&#8217;autiste en question est le mec assis en face de moi, les lunettes embuées et le regard vide.</p>
<p>Je sais pas combien de fois j&#8217;ai pu entendre ces deux mots, depuis vingt ans. Dans mon berceau, dans mon lit, dans ma piaule, dans la rue. Par des passants ou par des potes, par des parents ou des clodos. Ce que je sais par contre, c&#8217;est l&#8217;effet qu&#8217;ils provoquent, ces deux mots. Les mecs se relèvent, les filles arrêtent leur blabla, le vent se lève, les bâtiments se réveillent.</p>
<p>Et surtout, y a ces putains de grondements. Un truc à vous faire froid dans le dos, même si vous l&#8217;avez entendu toute votre vie.</p>
<p>D&#8217;abord un petit tremblement, une vibration qui hérisse vos poils et fait cliqueter les verres. Un truc qui fait rentrer les vers et oublier la journée, pour rappeler que la nuit est vraiment là, que c&#8217;est pas juste un disque brillant qui passe de l&#8217;autre côté de la Terre. Et que l&#8217;autre est venu. Pour vous et pour tous.</p>
<p>« Tu nous pompes avec ta nuit, le Quatre Vingt et Un. Il est pas une heure que je sache. »</p>
<p>C&#8217;est lautre con qui va exploser dans son pinard. Il est de dos, mais je sais qu&#8217;il sent mon regard derrière lui.</p>
<p>« La plus proche est trop loin, une heure, c&#8217;est juste ce quil nous faut, mec.</p>
<p>- Fais pas ton gosse, en cinq minutes t&#8217;es à lautre bout du champ. »</p>
<p>Je déglutis et regarde vers le sud. C&#8217;est vrai que l&#8217;étendue du vieux champ de guerre est pas si grande que ça, mais moi les longues marches dans la nuit, avec deux petits bois d&#8217;un côté et de lautre, ça me fout la trouille. On sait pas ce que peuvent devenir les hommes de nos jours. Des planqués aux arbres qui attendent leur bouffe ? Des mecs qui ont plus de quoi faire joujou seul et qui sont prêts à n&#8217;importe quoi ?</p>
<p>Je déteste ce quartier. Je déteste cette putain de tour de fer qui surplombe tout Paris. Elle est laide en plus. Le poivrot qu&#8217;est mon ami l&#8217;aime bien. Tout le monde l&#8217;aime. Qu&#8217;est ce qu&#8217;ils lui trouvent ?</p>
<p>« Les vieux t&#8217;ont pas dit qu&#8217;il faut toujours arriver en avance ?</p>
<p>- Les vieux se sont fait bouffer depuis longtemps, le Chiffre. Toi non plus t&#8217;auras bientôt plus la force de l&#8217;atteindre.</p>
<p>- M&#8217;appelle pas le Chiffre, mec. »</p>
<p>Je reste calme, mais la pression d&#8217;une main féminine sur mon bras m&#8217;empêche de l&#8217;envoyer contre une certaine joue. Je déteste aussi cette expression.</p>
<p>« C&#8217;est pourtant ce que t&#8217;es, et c&#8217;est déjà assez.</p>
<p>- Calme, fuite, Métro. »</p>
<p>Le mot de trop, le mot qui vous glace encore plus le sang que ces putains de vibrations toujours plus fortes. Y a un verre qui tombe, un cri qui s&#8217;échappe. Et y a mon coeur qui accélère. Saloperie d&#8217;autiste qui comprendra jamais les bonnes manières. Je jette un regard circulaire à tout le groupe, à tous ces gens, ces connaissances, ces souvenirs, que je retrouverai pas avant des mois ou des années, ou que je retrouverai peut-être jamais. Putain c&#8217;est rare ces moments, mais lui, lui, n&#8217;est jamais en retard.</p>
<p>« Pleure pas&#8230; »</p>
<p>C&#8217;est vrai que je pleure, elle a raison. Y a un pan de ma chemise mouillé. Mais regardez ces visages, merde, regardez la petite là, la petite enfant du couple de Chiffres, comme dit l&#8217;autre. Ils me regardent comme des chiens battus, eux aussi veulent pas partir. Le jeunot qu&#8217;a laissé tomber sa cigarette, tellement il meurt de trouille, et qui arrive même pas à pas trembler devant son petit frère, pâle, pâle comme je dois lêtre.</p>
<p>Mais merde, faut partir, alors me regardez pas avec ces grands airs. Le poivrot s&#8217;active. Les jumelles soulèvent l&#8217;autiste. On ramasse pas les verres, qu&#8217;est ce quon en a à faire des verres. Ils disparaissent toujours ces putains de verre.</p>
<p>« Minuit cinq et trente six secondes. Plus que cinquante quatre minutes et vingt quatre secondes avant&#8230;</p>
<p>- Dans ce coin là, le Métro arrive à cinquante cinq, mon ptit. Alors arrête de compter quand tu connais pas.</p>
<p>- Laisse le donc, il aime compter, me dit le poivrot.</p>
<p>- Mais je crois pas qu&#8217;il aime courir. Surtout avec ses deux roues. »</p>
<p><em>Il faudrait que je songe à me mettre à la recherche des autres. Toutes les autres.</em></p>
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		<title>Nobody knows</title>
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		<pubDate>Wed, 01 Dec 2010 00:20:16 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Tante susette-sa vie-son oeuvre]]></category>

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		<description><![CDATA[Le secret des hommes from Lucas Botton on Vimeo.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><center><iframe src="http://player.vimeo.com/video/17276132?title=0&amp;byline=0&amp;portrait=0" width="400" height="300" frameborder="0"></iframe>
<p><a href="http://vimeo.com/17276132">Le secret des hommes</a> from <a href="http://vimeo.com/lbotton">Lucas Botton</a> on <a href="http://vimeo.com">Vimeo</a>.</p>
<p></center></p>
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		<title>03:20, Duke et le taxi</title>
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		<pubDate>Sat, 23 Oct 2010 04:43:37 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Échappatoire quotidien]]></category>

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		<description><![CDATA[Je suis ivre, mais pas encore trop. On peut déjà retracer la soirée aux odeurs de whisky et de bière qui imbibent ma chemise. Je commence à me faire àla vie parisienne. Je respire parisien, je marche parisien, j&#8217;insulte parisien, &#8230; <a href="http://www.lazzy.org/2010/10/23/0320-duke-et-le-taxi/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div>
<p>Je suis ivre, mais pas encore trop. On peut déjà retracer la soirée aux odeurs de whisky et de bière qui imbibent ma chemise.</p>
<p>Je commence à me faire àla vie parisienne. Je respire parisien, je marche parisien, j&#8217;insulte parisien, et je me branle discrètement parisien. Faudrait pas effrayer la vieille voisine d&#8217;à coté pendant que je met à l&#8217;épreuve les ressorts de mon matelas.</p>
<p>Duke et le taxi. Je les ai rencontrés en rentrant de la crémaillère de la soeur d&#8217;un ami. Après avoir longuement cherché un noctilien, disons au moins dix minutes, et dieu sait que par ce froid le temps se fige, je me suis résigné à prendre un taxi.</p>
<p>De manière générale j&#8217;adore ^rendre le taxi. Il n&#8217;est pas utile de discuter, juste contempler. Vous savez, ce truc dans les trains, le paysage qui passe et la sensation d&#8217;éloignement. C&#8217;est pas des conneries. Et on retrouve ça dans les taxis. Juste, passer, regarder. Les lumières encore allumées aux étages, les gens sur le trottoir, les lumières chaudes des feux. Bref, j&#8217;adore les taxis; plus encore que les trains.</p>
<p>J&#8217;étais donc là à me refroidir à coté d&#8217;un arrêt taxis. Je monte dans le premier venu, en fait vignt mètres plus loin, arrêté en double file, à me faire signe jusqu&#8217;à ce que je comprenne; et là, rien. Quand vous montez dans un taxi, première chose, dire une adresse, ou parfois essayer. Cela dépendra de l&#8217;état dans le quel vous vous trouvez. Ensuite, s&#8217;installer, chacun à sa manière. C&#8217;est uniquement à ce moment là que vous pénétrez dans le taxi. Son odeur, s&#8217;il passe de la soupe à la radio -et parfois rien-, sa manière de conduire, s&#8217;il a envie de parler ou pas.</p>
<p>Ce qui fera d&#8217;un taxi ce taxi.</p>
<p>C&#8217;est à ce moment là qu&#8217;on s&#8217;aperçoit que le taxi passe du jazz. Non pas que je m&#8217;y connaisse particulièrement en jazz, j&#8217;ai bien quelques références mais mes connaissances s&#8217;arrêtent là. C&#8217;est aussi le moment où l&#8217;on s’aperçoit que rien, non rien, ne se prêtait aussi bien qu&#8217;un doux jazz à ce moment là. Je serai bien incapable d&#8217;expliquer pourquoi.</p>
<p>Et de lui demander de monter le volume. Et parfois de l&#8217;entendre donnre quelques recommandations entre deux morceaux. Une sorte de clin d&#8217;oeil, ou que sais-je.</p>
<p>Je me suis senti vivant. Calmement vivant. Comme si le goût de la vie s&#8217;était intercalé entre moi et tout ce que je voyais.</p>
</div>
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		<title>Paris, je suis tien</title>
		<link>http://www.lazzy.org/2010/09/28/paris-je-suis-tien/</link>
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		<pubDate>Tue, 28 Sep 2010 12:11:57 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Physique nucléaire]]></category>

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		<description><![CDATA[Entre le titre et cette première ligne se sont écoulés deux cafés et trois clopes a chercher quoi écrire. En fait la question n&#8217;est ni de savoir quoi, ni comment l&#8217;écrire, simplement de le faire. A croire que j&#8217;ai vraiment &#8230; <a href="http://www.lazzy.org/2010/09/28/paris-je-suis-tien/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://www.lazzy.org/wp-content/uploads/2011/04/DSC_0116.jpg"><img class="size-medium wp-image-9 alignleft" title="DSC_0116" src="http://www.lazzy.org/wp-content/uploads/2011/04/DSC_0116-200x300.jpg" alt="" width="200" height="300" /></a></p>
<p>Entre le titre et cette première ligne se sont écoulés deux cafés et trois clopes a chercher quoi écrire.<img src="http://assets.tumblr.com/javascript/tiny_mce_3_3_3/plugins/pagebreak/img/trans.gif" alt="" /></p>
<p>En fait la question n&#8217;est ni de savoir quoi, ni comment l&#8217;écrire, simplement de le faire. A croire que j&#8217;ai vraiment perdu l&#8217;habitude. Je me souviens qu&#8217;il y a encore quelques temps, écrire ne me posait aucun soucis. Après <em>Le-Réverbère</em>, j&#8217;ai essayé différents trucs. Sur des sujets qui m&#8217;intéressent, ou tout simplement continuer à écrire sur tout, et rien. J&#8217;ai jamais réussi. Même mon portfolio est à la ramasse. Alors aujourd&#8217;hui je me tourne vers Tumblr. Rien à faire, mis à part écrire. C&#8217;est assez impersonnel, certes. Mais ce qui compte n&#8217;est-il pas uniquement le contenu au fond ? <em>Ou simplement le fait d&#8217;y arriver à nouveau.</em> Nous verrons bien.</p>
<p>Me voilà donc Parisien, avec une majuscule. Parisien dans un 9m², douche, kitchenette, toilettes sur le pallier. Il est cool mon neuf mètres carrés que je paie un bras. Il est en bon état, et j&#8217;ai vue sur le Sacré Coeur. Enfin, vue sur le Sacré Coeur avec une cheminée devant. J&#8217;ai vue sur mes voisins aussi, qui sont en fait un étage en dessous. Vue plongeante donc, notamment sur la voisine en soutif alors que j&#8217;étais en mode détente, format bière-clope à ma fenêtre. Elle ferait d&#8217;ailleurs une très bonne milf. Ma sonnette est toujours au nom de Geng, et j&#8217;ai trouvé hier le local poubelles. J&#8217;ai un ballon d&#8217;eau chaude. Moi qui aime les douches d&#8217;une demie-heure je suis verni. Vraiment. Tout ça est un peu en vrac, mais fidèle à la chambre. En vrac. Parce que oui, je manque cruellement d&#8217;étagères. Mais je suis un pro en empilement de choses diverses.</p>
<p>Mais bref, voilà. J&#8217;aime cette ville. Il suffit d&#8217;entre-ouvrir la fenêtre pour entendre son vrombissement, ses sirènes, ses klaxons. En bas de chez moi, à même le trottoir, une pompe à essence. En face, un marché BIO. A quelques mètres, sur le pont où se situe aussi mon métro, on peut voir en contrebas des lignes de chemin de fer, et encore lire le Saint Lazare dont la peinture défraîchie et décrépie se situe difficilement entre le rouge bordeaux et le brun.</p>
<p>Demain, premier jour de cours. Mon amphi ? Une salle de cinéma. Une vraie salle de cinéma. Ça me rend un peu impatient. Mais en même temps, ça me stresse. J&#8217;ai pas envie de tomber sur des gros lourds qui sont là à s&#8217;enticher de tout le monde. Pas envie de tomber sur Jean-Charles, qui ne sait pas pourquoi il est là, si ce n&#8217;est que &laquo;&nbsp;le cinéma c&#8217;est trop cool, tu vois&nbsp;&raquo; [Placer ici un mouvement de tête visant à replacer une mèche de cheveux longuement préparée ce matin]. J&#8217;ai pas envie de tomber sur ces types qui trouvent tout absolument génial, et qui, de manière générale parlent beaucoup trop. J&#8217;ai pas non plus envie de tomber sur ces mêmes personnes qui ont apprises par coeur la biographie de Woody Allen pour se donner un semblant de contenance.</p>
<p>Mais dans le lot, il y aura forcément des gens agréables.</p>
<p>Puis sinon, cet été, c&#8217;est décidé, j&#8217;irais à Kiev. Ou Sarajevo.</p>
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		<title>A la lumière des néons</title>
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		<pubDate>Fri, 17 Sep 2010 06:12:15 +0000</pubDate>
		<dc:creator>admin</dc:creator>
				<category><![CDATA[Tante susette-sa vie-son oeuvre]]></category>

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		<description><![CDATA[Ce qui est génial quand on est caissier, c’est que pendant six heures et demie par jour, on peut profiter de cinq voir dix minutes de la vie des gens. On peut les observer, les écouter, sans même que la &#8230; <a href="http://www.lazzy.org/2010/09/17/a-la-lumiere-des-neons/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a>]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ce qui est génial quand on est caissier, c’est que pendant six heures et demie par jour, on peut profiter de cinq voir dix minutes de la vie des gens. On peut les observer, les écouter, sans même que la plupart ne le remarquent.</p>
<p>Ils ne le remarquent pas, non. Pour cause, la petite vieille qui est actuellement en train de payer bloque tout le monde parce qu’elle n’a pas encore récupérée ses articles. Evidemment la caisse n’est pas non plus assez rapide, mais on notera qu’aucune caisse n’est jamais assez rapide. Mais surtout, on s’inquiète des surgelés encore dans le caddy, qu’on ne peut même pas encore foutre sur le tapis, de la chaleur du moment, de savoir si on sera rentré assez rapidement à la maison, et surtout, du mec de devant qui pue la transpiration.</p>
<p>Moi, tout ce que j’ai à faire, c’est de tendre le bras assez rapidement pour garder un bon rythme, taper deux trois choses pour encaisser, et passer au suivant. Ça laisse pas mal de temps pour observer les gens, forcément.</p>
<p>Y’a les vieux, fripés de partout, qui sentent déjà presque le sapin, et qui à peine arrivés guettent un regard, un sourire. Ils sont gentils pour la plupart. Parfois énervants, parce qu’ils sont vieux, justement. Trop lents, trop inadaptés, trop tout. Peut-être même trop gentils, tiens.</p>
<blockquote><p>Oui madame, maintenant il faut faire votre code de carte bancaire.</p></blockquote>
<p>Puis y’a les jeunes couples. Y’a ceux qui ont l’air de s’emmerder profondément entre eux, le regard éteint.</p>
<p>Nous verrons dans la suite ces derniers, mais aussi les vieux cons, les jeunes cons, et les allemands.</p>
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